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Patricia Sennequier, DG "Beautiful Soul: «La manière de diriger des femmes est très complémentaire de celle des hommes»
12/03/2019
Patricia Sennequier, DG "Beautiful Soul: «La manière de diriger des femmes est très complémentaire de celle des hommes»


À travers la publication de ce baromètre du genre  vous avez voulu « mesurer les perceptions des hommes et des femmes sur les pratiques du genre dans les entreprises sénégalaises ». Qu’est-ce-qui a motivé cette enquête ?

Dans les processus d’accompagnement aux changements, un volet très important est  que toutes les voix soient entendues. Vous vous  impliquez et devenez acteur du changement quand vous sentez que votre voix a été entendue, qu’elle a de la valeur pour l’organisation. Des études montrent aussi que les organisations qui ont une diversité de genre dans leur Conseil d’Administration ou Comité Directeur performent mieux économiquement.   Le baromètre a été fait pour engager une conversation avec les organisations sénégalaises et en leur posant la question suivante : «  comprenez-vous aujourd’hui l’enjeu à la fois en terme de performance et en terme de bien-être qu’il y a à s’assurer que toutes les voix, y compris celles des femmes, soient entendues et valorisées ? ».

Vous avez, pour les besoins de l’enquête, interrogé une centaine d’entreprises sénégalaises. Comment ont-elles accueilli le projet ? L’approche a-t-elle été facile ?

Oui, pour la plupart. Certaines étaient déjà dans un processus d’interrogation, pour favoriser l’inclusion et la diversité en leur sein. Pour celles qui n’étaient pas dans ce processus, nous avons fait un effort d’explication. À travers notamment des rendez-vous avec les DRH et les DG. Elles ont été très ouvertes de façon générale. Certaines nous ont dit « non », mais cela ne signifie pas qu’elles ne sont pas intéressées par la question; elles avaient dans certains cas des interrogations sur l’utilisation qui allait être faite de leurs données ou sur l’opérationnalisation de cette enquête au sein de leur organisation.

La majorité des femmes interrogées ont fait leurs études à l’étranger. Cela a-t-il un impact particulier sur leur perception de l’égalité de genre en entreprise ? 

C’est une question très intéressante. Pour le prochain baromètre, nous analyserons les réponses des femmes qui n’ont pas été à l’extérieur pour voir s’il y a une différence. Ce que je perçois, pour toutes les femmes, est que le besoin de contribuer et d’être reconnues pour la contribution qu’elles apportent, qu’elles soient allées à l’étranger ou pas,  est là. Le besoin d’évoluer professionnellement et d’être accompagnées dans cette évolution par des formations, du coaching et surtout par du mentoring, est là. Le besoin d’avoir un équilibre familial, social et professionnel, et que les organisations respectent cela, est là.   Ceci dit, les femmes qui sont allées étudier ou travailler à l’étranger ont pu observer d’autres réalités et cela a probablement fait évoluer leurs perceptions et leurs attentes sur ce sujet.

D’après votre enquête, la situation des entreprises sur l’égalité des genres est plutôt encourageante. Êtes-vous aussi optimiste ?   

Je rappelle que notre enquête ne concerne que le secteur privé. Je suis très optimiste parce que les femmes sont de plus en plus conscientes qu’elles apportent quelque chose. Il y a de plus en plus de femmes à la tête d’organisations, même des organisations qui sont en règle générale tenues par des hommes. Par exemple, je prends des secteurs comme la pêche, l’assurance, la banque, etc. Je suis aussi confiante parce que notre manière de diriger est très complémentaire de celle des hommes. On est plus dans le collaboratif, et dans la prise en compte non seulement de la partie rationnelle, logique, mais aussi de la partie émotionnelle, la création de liens, le bien-être, etc. Et ça, ce sont des exigences que les jeunes générations vont de plus en plus avoir par rapport à leurs dirigeants. Les femmes dirigeantes vont donc être de plus en plus pertinentes et, à mesure que leur nombre augmentera, elles seront de plus en plus à l’aise de s’émanciper du modèle managérial dominant pour assumer leur propre style, basé sur des valeurs plus féminines.

 

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