culture
Séries sénégalaises : pourquoi les contenus dérangent
11/04/2019
Séries sénégalaises : pourquoi les contenus dérangent


Au Sénégal, le boom des séries locales a fait naître diverses formes de censure, notamment d’associations, mais aussi du conseil de régulation qui reprochent aux producteurs de ne pas respecter certaines conditions liées surtout à la moralité. Les contenus de ces séries ont fait l’objet d’un débat, mercredi 10 avril, au cours d'un panel organisé  conjointement par l’Association des journalistes culturels du Sénégal et celle de la critique cinématographique.

Plusieurs experts ont tenté d’expliqué le phénomène et de comprendre pourquoi certains contenus dérangent. Le but des séries télévisées est-il d’informer ? D’éduquer ? Ou simplement de divertir ?  Pour le journaliste et critique de cinéma Baba Diop, « quand on entreprend des créations, il y a des questionnements que l’on se pose pour définir son objet. Soit on fait une série télé en se disant, mon intention c’est d’informer. Par exemple, si je fais une série médicale, on peut y greffer des histoires d’amour, mais le but premier de la série sera d’informer. Soit on se dit, je veux faire plaisir en optant pour le divertissement à travers des comédies par exemple. On peut aussi se dire, je veux faire une série pour dénoncer ou, je veux faire une série pour tendre le miroir à la société… »

Pour lui, la responsabilité incombe à chacun de choisir le type de séries qu’il a envie de regarder. « Chacun a la responsabilité de tourner son bouton et d’aller voir ailleurs si cela ne l’intéresse pas. Il a la responsabilité de coder, si ce n’est pas les films qui sont faits pour les enfants..», soutient-il. La sociologue Fanta Diallo, par ailleurs modératrice des débats abonde aussi dans le même sens en exhortant les parents à jouer leur rôle afin que les enfants ne puissent pas tomber sur des contenus inappropriés pour leur âge.

Le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) qui a reçu la plainte de plusieurs associations, notamment de Jamra concernant la diffusion de la série « Maitresse d’un homme marié », une production qui fait couler beaucoup d’encre, assure qu’il n’est pas dans une position de censure quand il s’agit de productions locales. « On doit créer les conditions de création. Il faut encourager la création. Le CNRA, chaque fois que de besoin, va essayer d’aider les acteurs dans le sens d’aller vers la création des contenus locaux afin de développer l’audiovisuelle sénégalaise et africaine », fait savoir Mactar Sall, son représentant.  Il ajoute par ailleurs que « le CNRA n’est pas dans une logique de censure. Il veut bien au contraire être dans une logique d’accompagnement. Même s’il faut accompagner et encourager la création, elle doit se conformer à une certaine règlementation. Sur certaines productions, il y a des efforts à faire. Parfois, dans certaines séries, la dignité de la femme est bafouée. Il faut préserver la dignité et l’intégrité de la personne humaine. De ce point de vue, il y des productions qu’il faut améliorer », estime-t-il. Pour lui, même si les contenus doivent s’adapter à la réalité et à l’évolution,  il faut respecter certains principes. « Il y a eu beaucoup de violations à plusieurs niveaux », martèle-t-il. Il conseille aux chaines, par exemple, de réduire le temps imparti à la publicité et d’arrêter les placements de produits déguisés et non signalés. Par ailleurs, en termes de contenus, il rappelle aux producteurs qu’il est important de déterminer le type de public à qui est destinée la production via des signalétiques.

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