Découvrez 'Culturel', notre nouvelle émission culture
sport
La championne Allyson Felix dénonce le traitement de Nike depuis sa grossesse
23/05/2019
La championne Allyson Felix dénonce le traitement de Nike depuis sa grossesse


En février dernier, Nike dévoilait sa dernière campagne de publicité. Au son de la voix de Serena Williams, la marque américaine mettait les femmes à l’honneur, combattait les préjugés et militait pour l’égalité. Revenue sur les courts de tennis après une grossesse compliquée, la championne lançait alors : «Gagner 23 tournois du Grand Chelem, puis avoir un bébé et revenir, on vous dira que vous êtes folle. Mais si on vous traite de folle, parfait, montrez-leur ce qu’est la folie». Si ce message inspirant a été salué par tous à l’époque, dans les faits, Nike aurait bien du mal à gérer les grossesses de certaines de ses athlètes.

Dans le «New York Times», Allyson Felix, sextuple championne olympique d’athlétisme, dénonce l’attitude de l’équipementier depuis son accouchement. L’Américaine a publié une tribune dans laquelle elle explique notamment que le renouvellement de son contrat ne s’est pas passé dans de bonnes conditions. «J’ai décidé de fonder une famille en 2018, en sachant qu’une grossesse, dans mon milieu, pouvait être "le baiser de la mort", comme l’a dit la coureuse Phoebe Wright. C’était un moment terrifiant pour moi parce que je négociais le renouvellement de mon contrat avec Nike, qui avait pris fin en décembre 2017», explique-t-elle. Elle raconte la pression subie pour qu’elle revienne au plus vite à l’entraînement après la naissance de sa fille en novembre 2018, «malgré une césarienne à 32 semaines à cause d’une sévère pré-éclampsie qui menaçait ma vie et celle de mon bébé». Et pendant qu’Allyson Felix se battait pour sa santé, elle devait également lutter pour ses droits. «Malgré toutes mes victoires, Nike voulait me payer 70% de moins qu’avant. Si c’est ce que je vaux, je l’accepte. Mais je n’accepte pas ce statu quo autour de la maternité», poursuit-elle. L’athlète a demandé à ce que soit inscrit dans son contrat une clause garantissant qu’elle ne serait pas punie si ses performances ne sont pas aussi bonnes les mois suivants son accouchement : «Je voulais établir un nouveau standard. Si moi, l'une des athlètes les plus largement commercialisées par Nike, ne peut pas obtenir ces protections, qui le peut ? Nike a refusé». Allyson Felix explique à quel point elle est déçue, elle qui avait accepté de signer avec Nike à l’époque, notamment grâce aux valeurs que l’équipementier défendait. «On m’a dit que je pourrais aider les femmes. On m’a dit que Nike voulait promouvoir les adolescentes afin de changer les sociétés autour du monde».

La tribune d’Allyson Felix fait suite aux propos de deux autres membres de l'équipe américaine d'athlétisme, Alysia Montano et Kara Goucher, qui ont fait part d'accusations similaires dans une enquête du «Times» la semaine dernière. Cet article expliquait notamment comment, après avoir appris que Nike ne la paierait pas avant qu’elle reprenne la course, Kara Goucher s’est inscrite à un marathon trois mois à peine après son accouchement. Entre temps, son fils est tombé malade. 

copyright www.intelligences.info

A SUIVRE AUSSI

0 commentaires

    Nom :
     

    Commentaire :