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Moustapha Cissé, Directeur du Google AI Research Center Accra : l'homme qui veut impulser la révolution de l’IA en Afrique
11/06/2019
Moustapha Cissé, Directeur du Google AI Research Center Accra : l


Le mardi 9 avril dernier, à Accra, capitale du Ghana, Google a ouvert aux médias les portes du premier centre de recherche sur l’Intelligence artificielle en Afrique et  dévoilé l’équipe presque au complet chargée de mener cette mission : des ingénieurs internationaux issus d’horizons divers avec, à leur tête, Moustapha Cissé. Pour mener à bien cette expérience inédite, l’entreprise a misé sur cet homme depuis longtemps intéressé par  ces questions.  Né à Dakar, et après des études en mathématiques et physique à l’université Gaston Berger de Saint-Louis,  Moustapha Cissé rejoint la France. Là-bas, à l’issue de travaux acharnés, il obtient un master en intelligence artificielle à l’Université Pierre et Marie Curie, puis, en 2014, un doctorat en Computer Science de la même université : « J’ai commencé à m’intéresser à l’Intelligence artificielle durant mes études de maths et de physique à la fac, notamment dans les cours d’algorithme. En regardant sur Internet, j’en suis venu à m’intéresser à cette discipline particulière. Je suis allé en France où j’ai fait mon master et mon doctorat en Intelligence artificielle ».

En 2016 son aventure professionnelle démarre véritablement au sein de Facebook, le célèbre réseau social. Á Paris, il intègre le groupe comme chercheur scientifique au sein de la branche Facebook Artificial Intelligence Research (FAIR), centre de recherche dédié à l’intelligence artificielle. Á l’époque, il était l’un des rares chercheurs africains en Intelligence Artificielle. Mais, si le poste était confortable et la vie à Paris plaisante, Moustapha Cissé met fin à son aventure chez Facebook pour revenir en Afrique et créer un master sur cette discipline : « J’avais été obligé de quitter le Sénégal pour faire de l’Intelligence artificielle car il était impossible de le faire sur place, parce qu’il n’y avait pas de formation à ce niveau-là. Il me semble important, lorsqu’on a réussi à faire certaines choses, de faire en sorte que d’autres personnes qui peuvent être dans la même situation dans laquelle on a été dix ans auparavant n’aient pas à fournir le même effort pour arriver là où on est. C’est pour ça que j’ai décidé de rentrer, de créer un programme de Master à l’African Institute of Mathematical  Sciences où je suis aussi Professeur. Un programme de master financé par Google et Facebook. Nous voulons aujourd’hui que ce programme soit le meilleur master en Intelligence artificielle à travers le monde».  L’African Institute of Mathematical  Sciences existe désormais dans cinq pays d’Afrique : Sénégal, Ghana, Cameroun, Afrique du sud, et Rwanda.

Á la tête du Google AI Research Center Accra depuis maintenant un an, Moustapha Cissé ne manque pas d’ambitions. L’objectif est de positionner définitivement Google sur le continent, présenté comme le prochain marché mondial de l’Internet et des technologies de l’information, où la concurrence prend progressivement de l’ampleur. « L’Afrique est confrontée à de nombreux défis et l’utilisation de l’intelligence artificielle peut être plus importante ici encore qu’ailleurs. Ce laboratoire est une opportunité pour contribuer à faire avancer la science en Afrique en amenant dans cette discipline en particulier une perspective différente de celle qui serait celle de chercheurs français ou américains. Nous avons des défis et des challenges qui sont particuliers à l’Afrique. C’est pour cela que pour toute l’équipe impliquée, c’est un sacerdoce de faire évoluer la recherche en Afrique », estime-t-il. Moustapha Cissé se fixe comme objectif de repousser les limites de l’intelligence artificielle pour relever des défis dans des domaines tels que la santé, l’agriculture, l’écologie et l’éducation.

Chercheur dans l’âme, c’est avec philosophie qu’il vit sa relative notoriété et ces nombreux classements qui le placent parmi les figures influentes du continent : « J’ignore ce que signifient tous ces classements. Je mène la même vie que je menais avant, il n’y a absolument rien qui change. Si par ce que je fais, je peux inspirer d’autres gens tant mieux ».  Intégrer des groupes comme Google ou Facebook est, à ses yeux, à la portée de la majorité de la jeunesse africaine : « La chance, c’est lorsque l’opportunité rencontre la préparation. Il faut se donner les moyens de saisir la chance lorsqu’elle se présente. J’ai du être chanceux à un certain moment, mais je pense que ce que je fais est à la portée de beaucoup de Sénégalais ».

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