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Tchad : la société civile dénonce « des arrestations arbitraires » aux lendemains des violences

Demonstrators burn a French flag during an anti-French protest in N'Djamena on May 14, 2022. - Several hundred people demonstrated against the French presence in Chad, an AFP reporter noted. The protesters burned at least two flags of the former colonial power and vandalised several Total petrol stations, a "symbol" of France, tearing off pumps and taking away some of the products on display, the same source said. (Photo by AFP)

Même s’il y a accalmie, les arrestations continuent dans le plus grand silence au Tchad. Depuis une semaine, les activistes ne cessent d’être contactés par des familles inquiètes affirmant qu’un proche a été arrêté par les forces de sécurité. Selon la FIDH, il s’agit surtout de jeunes sympathisants du parti les Transformateurs ou de l’organisation Wakit Tama. L’ONG affirme qu’ils seraient envoyés vers des prisons de haute sécurité, notamment celle de Koro Toro, dans le Nord. Le gouvernement explique l’envoi de personnes arrêtées en dehors de la capitale pour « des questions de logistique ».

Selon Dobian Assingar, « Ce ne sont pas moins de 1 500, en tout cas. [La police fait] du porte à porte, ils sautent les murs, on va dans les maisons pendant la nuit, pour enlever des personnes, et celles-ci disparaissent sans mandat de la justice. Vous voyez que c’est complètement de l’arbitraire, c’est assez grave. En tant que chef de famille, qu’il libère les prisonniers pour décrisper la situation ! C’est à partir des résultats des enquêtes qu’on saura qui a fait quoi », affirme le représentant de la FIDH qui demande au président Mahamat Idriss Déby de les relâcher.

C’est le même son de cloche au niveau de la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) a également reçu notamment de nombreux signalements de personnes arrêtées par les forces de sécurité ces derniers jours. « Certaines de ces personnes-là avaient été déportées vers des prisons de haute sécurité, comme celle de Koro Toro. Nous avons interpelé le gouvernement parce qu’il risque d’emprisonner des innocents. Ces personnes-là devraient passer devant un juge avant d’être déportées », s’indigne Mahamat Nour Ibédou, président de la CNDH.

Le président de la CNDH prévoit également la création d’une commission d’enquête pour savoir qui étaient les personnes habillées en civils, circulant dans des véhicules sans immatriculation, et qui ont tiré sur la foule, faisant de nombreuses victimes le 20 octobre.

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