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Sénégal : Va-t-on vers une pénurie de riz après l’annonce de la limitation des exportations par l’Inde?

Après le blé, il y a quelques mois, c’est au tour du riz d’être le sujet de toutes les discussions, inquiétudes et spéculations. L’Inde a annoncé, il y a quelques jours, l’interdiction de l’exportation des brisures de riz et la mise en place d’une taxe de 20% sur les exportations d’autres types de riz de qualité supérieure.

Le leader mondial du riz a annoncé que les rendements vont baisser et par conséquent que le pays va moins exporter la céréale. Les causes principales sont les perturbations climatiques en Inde et au Pakistan où la sécheresse puis les inondations ont causé la perte de plusieurs milliers de tonnes de riz selon le magazine français spécialisé dans l’alimentaire LSA.

Ces catastrophes vont avoir un fort impact sur la distribution de la céréale dans le monde notamment au Sénégal où pour la campagne 2021-2022 le pays a importé plus d’un million de tonnes de riz en provenance d’Inde. Le Sénégal pourrait donc être confronté à une pénurie de riz dans les mois à venir. Et même si le pays peut se tourner ailleurs pour importer son riz (Bangladesh, Brésil…), l’Inde représente quand même 40% des exportations dans le monde.

Fin septembre, le gouvernement sénégalais avait annoncé plusieurs mesures au cours des concertations sur la vie chère. Pour davantage promouvoir le consommer local, l’Etat va appliquer une subvention sur le riz Paddy (non décortiqué) : 30 francs le kg sur le prix au producteur et de 2 francs le kg pour le transformateur pour une valeur de 3 milliards 200 millions de francs Cfa.

Dès son élection, Macky Sall promettait de tout mettre en place pour “couvrir intégralement, à l’horizon 2017, la demande nationale en riz blanc de bonne qualité” estimé à l’époque à plus d’un million de tonnes de riz, l’objectif n’a pas été atteint. Le Sénégal promeut le « consommer local” depuis plusieurs années mais les rendements ne suivent pas les programmes établis.

Entre la sous-production et la préférence des Sénégalais pour le riz importé, la marge est minime. Dans le nord, entre 2012 à 2019, 20 000 hectares de terres supplémentaires ont été cultivés selon la SAED. Mais ces champs n’ont pas atteint les objectifs établis ( 600 000 tonnes). Les causes de l’échec sont multiples : la terre, les saisons de pluies et les infrastructures ne suivent pas, en plus du manque de moyens des agriculteurs.

À côté, plusieurs initiatives ont éclos pour promouvoir la consommation des céréales locale telles que le mil, le fonio ou le maïs comme alternative, mais le riz occupe la première place dans la chaîne alimentaire sénégalaise. Il est la base des plats sénégalais et sa raréfaction pourrait se faire ressentir au Sénégal et en Afrique de l’Ouest dans les mois à venir.

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