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Centrafrique : Une délégation des Brics tente de nouer des partenariats économiques

Indian Prime Minister Narendra Modi, China's President Xi Jinping, South Africa's President Cyril Ramaphosa, Russia's President Vladimir Putin and Brazil's President Michel Temer pose for a group picture at the BRICS summit meeting in Johannesburg, South Africa, July 26, 2018. REUTERS/Mike Hutchings

Les Brics, une organisation de pays dits émergents regroupant la Russie, la Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud et le Brésil est arrivée dimanche 9 avril pour une semaine. Le monde connaître un grand bouleversement à travers le poids croissant des BRICS, composés de cinq pays, le PIB en 2021 étant : – le Brésil, (1608 milliards de dollars de PIB), la Russie (1750 milliards de dollars de PIB), l’Inde (3250 milliards de dollars de PIB), la Chine (18 460 milliards de dollars de PIB et des réserves change de plus de 3000 milliards de dollars) et l’Afrique du Sud, (420 milliards de dollars de PIB).

Les Brics ont axé leur coopération internationale sur trois vecteurs : le commerce, l’investissement direct dont la transformation des matières premières et l’aide au développement. Une douzaine d’opérateurs économiques, essentiellement russes et indiens, ont fait le déplacement sur Bangui. Cette délégation est conduite par la présidente de l’alliance des Brics, Larissa Zelentsova, et Ahoua Don Mello, son représentant pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. Une visite qui pourrait se conclure par la signature de plusieurs accords-cadres de coopération dans les domaines de l’énergie, des hydrocarbures, de l’agriculture et des mines, selon une communication de la délégation.

Plusieurs séances de travail sont prévues avec le président Touadéra lui-même, ainsi que différents chefs de départements ministériels. C’est la deuxième visite de représentants de l’instance en moins de six mois à Bangui. La RCA fait face à une « dégradation » de ses finances publiques liée notamment à la suspension des aides budgétaires extérieures pour la deuxième année consécutive. L’État cherche donc à nouer de nouveaux partenariats et à trouver de nouvelles opportunités.

Une ouverture également souhaitée du côté de l’alliance des Brics qui a multiplié les déplacements ces derniers mois sur le continent, se présentant comme un partenaire alternatif.  « Il faut naturellement que les Brics comprennent les mécanismes qui nous maintiennent sous domination pour qu’on puisse y travailler ensemble pour les déconstruire », a déclaré Nathalie Yamb l’afro-optimiste et web activiste. Elle suggère aux Brics de tenir compte des répercussions que peuvent avoir certains de leurs accords, entre grandes puissances, sur les pays du tiers monde.

Le poids des Brics remet en cause l’architecture actuelle des relations internationales. D’une manière générale, l’action des BRICS a permis de soulever des problèmes jusque-là ignorés par les pays développés dans un esprit dépassé de domination, comme le déséquilibre de l’économie mondiale. C’est sous l’impulsion des BRICS que le G20 a transformé le forum de stabilité financière en conseil de stabilité financière, les BRICS ayant soutenu le rapport sur les G-SIFI pour réduire les risques moraux des institutions financières systématiquement et globalement importants, les fonds de couverture, le shadow banking, les produits dérivés financiers des marchés offshore et les agences de notation ayant été ramenés pour la première fois sous la supervision.

Ensemble, les BRICS représentent 45% de la population de la planète sur 8 milliards au total et près du quart de sa richesse. Paradoxe, ayant été à l’origine de plus de 50% de la croissance économique mondiale au cours des dix dernières années, les Brics ne disposent que de 15 % des droits de vote à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international (FMI). Ce bloc, selon le quotidien allemand Die Welt, pourrait être l’amorce d’une alliance anti-occidentale, composée de quatre puissances nucléaires (Russie, Chine, Inde, Pakistan), avec l’adhésion selon la formule proposée par la Chine, le Brics+, d’autres pays prochainement, l’Algérie, l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis, l’Iran, l’Egypte, l’Argentine, le Mexique et le Nigéria. Avec les nouvelles adhésions, le PIB des Brics pourrait passer de 25% en 2022 à 30%.